18.2.12

quarantième faux - rêve


le rêve d'hier ne me fait pas sourire - le ralentissement du vent - je ne connais rien au vent aux vents - l'arbre et aux alentours - le rêve d'hier ne me - halte ou je tire hurle un éditeur - face à lui je reconnais l'écrivain François Bon - je quitte le lieu des vents dans ma main une clef argentée - halte ou je tire salopard arrête - toi ! - tu as un problème avec la littérature demande l 'écrivain aux cheveux hérissés - une voix parle d'architectonique d'espace matriciel de morale réactionnaire - halte ou je tire - on entend une basse dans le brouillard - puis - une détonation - la clef argentée est de type CENTRAL IF - le rêve d'hier ne me fait pas sourire - heurte aorte heurte aorte heurte aorte heurte aorte heurte aorte heurte aorte heurte aorte heurte aorte heurte aorte heurte aorte - puis - rien - écran noir - l'arbre le vent l'abandon - une galerie avec des oiseaux braillards une armée d'hommes aveugles une cruche au bord d'une table - je vois maintenant l'écrivain debout - l'écrivain tient à la main une petite machine un genre de liseuse à écran tactile - la littérature chuchote l'écrivain la littérature au vent aux vents seulement - le rêve d'hier ne me fait pas sourire -
Le vieil homme et la mer traduction de François Bon :
http://www.desordre.net/Hemingway_VieilHommeMer.pdf

à lire à relire à offrir à envoyer ...
François Bon écrivain a traduit le vieil homme et la mer d'Ernest Hemingway cette traduction n'est pas un caprice infantile c'est un travail de cœur et d'esprit sur un texte de littérature américaine qui appartient à tous , tous c'est à dire les lecteurs ceux et celles désireux de plonger dans une nouvelle lecture une autre lecture ... La loi française qui régit la publication la diffusion des livres interdit à François Bon de publier sa traduction par le biais de sa maison d'édition publie.net . Parce que le livre est libre la lecture est libre , à ce que je sache dans notre pays, je soutiens sa libre circulation et remercie toutes les personnes qui me permettent de le faire :


http://www.face-ecran.fr/vrac/2012/02/17/le-vieil-homme-et-la-mer-ernest-hemingway-traduction-fran%C3%A7ois-bon

17.2.12

arrache animale arrache la peau fine la peau collée de la nuit sur - ça commence comme ça - au premier réveil je reste dans le noir j'écoute la première voix - la première voix parle d'un homme - arrache arrache le cœur l'homme tire arrache le cœur et tombe - et c'est peut être après le convoi de camions et le sac de patates - ça commence là devant moi - dans le caniveau des débris gris de quelque chose - arrache le cœur le cœur tombe la maison reste vide - à l'intérieur un trait bleu épais arrache le jour - ça commence comme ça - à chaque extrémité de mèche je pose une eau fausse d'enfance - arrache animale arrache la peau fine de l'enfance -j'écris quarante trois noms j'écris quarante trois prénoms de personnes étrangères - à chaque nom une voix - à chaque prénom une voix- je ne connais pas encore chaque voix - ça commence comme ça elle me parle de chiffre huit virgule soixante quinze six virgule soixante - et je regarde dehors entre les bandes claires de la fenêtre l'immobilité des arbres - ça commence comme ça - le soir de l"écrivain je connais l'écrivain - j'apprends l'écrivain se bat contre un grand commerçant de l'édition - je cherche le fichier j'ouvre le fichier je vois le texte interdit -ça commence comme ça - la confusion du temps - le texte n'est pas un texte subversif - le texte c'est Le vieil homme et la mer - ça commence comme ça - l'émotion de la découverte d'un texte important par un écrivain important - ça commence là les premiers mots - Le vieil homme et la mer d' Ernest Hemingway traduit par François Bon -

16.2.12

j'ai un double doute - je ne - la porte ne claque pas - j’oublie mon appareil photo - et ici une statue grise grasse dans un jardin et ici trois arbres sur la terre détrempée et - la pluie rature le jour - et puis cette plaine ce champ de bataille - cette plaine n'est pas une plaine cette plaine est un bout de terre herbes rases clôturée - j'ai un double doute - je ne - et ici une fausse statue aux vêtements fripés - l'homme parle à l'oreille du conducteur - le 123 s'immobilise - sans bruit sans mouvement le silence éclate - la porte ne claque pas - en face en haut l'étoile orange trouble - aucune figure humaine jusqu'à la place - en face l'arbre est à l'heure du jour -l'homme demande son chemin - il y a dehors il y a le jour - je ne raconte pas d'histoire le jour -j'ai un double doute - je ne - plus loin je descends je ne veux rien voir de cette route hideuse ses automobiles hideuses -maintenant tout se passe comme si - un écran bleu épais derrière deux ombres passent - et ici les marches vides et plus loin les coups de fer sur la boule de fer - et plus tard j'éteins la lumière - je reste là devant la façade lointaine aux six ouvertures jaunes - jaune ébloui - je vois le haut fin des branches - je n'attends rien des yeux de la nuit -

15.2.12

j'ai écrit je lui ai écrit les mots c'est comme les étoiles - éloignement apparition disparition - elle vingt ans et la haine du livre des livres - j'ai écrit des étoiles y 'en a des milliers des mots y 'en a des milliers - alors - et plus tard j'ai marché à côté d'elle j'ai vu son beau profil dans le vent gris de la/ma ville et plus tard elle dans une robe neuve une robe belle comme son beau profil et plus tard face à moi - c'est toujours la menace le manque ou la profusion de mots pour dire quoi - pourtant les mots c'est comme les étoiles - du seuil des mots on peut apercevoir le monde - et plus tard sur la peau de son avant - bras des touches nuancées de rose de poudre rose - et plus tard elle court elle disparait - et je rentre seule dans le vent -

14.2.12

c'est ça c'est toujours la même route de l'un à l'autre jour - celle qui commence près d'une place et me laisse au bord d'une autre bordée d'arbres et de façades fatiguées - c'est ça c'est toujours la même route - une trajectoire avec treize arrêts et à chaque arrêt la montée silencieuse d'un voyageur temporaire - corps penché vers portable corps tête courbée corps marche bancale - et une histoire debout possible perdue dès le premier regard - il ne faut pas regarder les yeux des voyageurs temporaires - ce matin quatre mondes s'ignorent hier neuf mondes s'ignoraient et parfois plus beaucoup plus - arrivée à un certain endroit de la route je me perds pendant quelques minutes - je bricole une histoire avec des bâtisses anciennes abandonnées et plus loin des champs quelconques et un vaste hangar aux murs torturés - là viennent dormir des rejetés du monde des hommes aux déchirures silencieuses - là viennent des visages balafrés des corps effondrés de coups de cris de fatigue - là c'est un champ de bataille deux chevaux trois parfois - et quelques minutes après de longues demeures blanches sans grâce et des murs sans lumière - c'est ça c'est toujours la même route avec à chaque endroit un repère un signe pour dire - il faut lever la tête il faut fixer cette haute fumée surréaliste comme dans un tableau surréaliste - la magie de la fumée blanche et plus tard le corps immobile d'un enfant et l'autre corps immobile -